Un nouvel accord d'intéressement pour les 3 années à venir vient d'être signé par la CFDT. Cependant, ces négociations, tout comme notre signature ont été difficiles. Ce qu'il faut savoir sur le futur intéressement.

- Comme vous avez pu le lire dans notre tract -intersyndical- précédent, la renégociation de la formule d’intéressement a démarré en février 2013. Après des débats denses voire tendus, elle vient de se conclure par la signature (CFDT) d’un nouvel accord pour les trois prochaines années ! Dans un premier temps, prétextant la crise, la Direction avait proposé une formule de calcul qui, sans modification ultérieure, se serait traduite par une suppression totale de l’intéressement en cas de (très) faible baisse du Résultat d’exploitation dit REX. Fidèle à ces méthodes de travail, la CFDT avait réalisé de nombreuses simulations mettant en exergue les « pièges » de la proposition de l’employeur. Fortes de ces constats, les trois Organisations syndicales ont décidé de négocier d’une seule voix pour dénoncer cette tentative et surtout tâcher de préserver l’intéressement au Crédit du Nord. Cet objectif de préservation est réalisé, mais l’intéressement au CDN en sort tout de même amoindri. Ce qui a changé… En mal : Le principal changement est celui de l’assiette qui du Résultat brut d’exploitation (RBE) passe au Résultat d’exploitation (REX). Contrairement aux accords précédents, le coût du risque est donc déduit en totalité de l’assiette. L’augmentation du taux de distribution, difficilement obtenue, neutralise quasiment cette baisse de l’assiette toutes choses égales par ailleurs. C’est bien le problème, car si le coût du risque reste -à ce jour- bien maîtrisé, l’intéressement sera beaucoup plus sensible à la conjoncture, à la politique de provisions de la banque et aux éventuelles modifications réglementaires en la matière. Le seuil de déclenchement a été le point crucial de cette négociation. En effet, initialement il était proposé à 180 millions du REX, ce qui aurait annulé l’intéressement de manière quasiment certaine. La réaction syndicale a permis de le réduire à 140 millions du REX, mais dans l’accord précédent, il était seulement de 130 million du RBE. En d’autres termes, une forte augmentation du risque pourra assez rapidement annuler l’intéressement sans que pour autant, les résultats soient catastrophiques. En bien : La répartition de l’intéressement entre la partie fixe (prorata temporis) et la partie proportionnelle au salaire a été portée à 50/50 pour 35/65 dans le précédent accord. C’était une revendication ancienne de la CFDT à laquelle la Direction a enfin répondue. En effet, nous souhaitions que l’intéressement, contrairement à la participation soit (en pourcentage des revenus) plus favorable aux bas salaires plutôt que d’amplifier les écarts de rémunération globale. C’est la principale, pour ne pas dire l’unique, véritable amélioration de l’accord. Le plafond du pourcentage de la masse salariale progressera dans la durée de l’accord. Inchangé à 8.5% en 2013, il sera porté à 8.75% en 2014 et à 9% en 2015. Ce n’est qu’un très léger mieux. Ce qui n’a pas changé… Le plafond de cumul de la participation et de l’intéressement dit « P+I » restent identiques. Au vu des résultats actuels (ref 2012), les plafonds sont atteints ou quasiment atteints avec la nouvelle formule de calcul. Intéressement *= 8.75%* x REX (RBE – coût du risque) *plafonds à 8.5% des rémunérations brutes fiscales (RBF) en 2013, 8,75% en 2014 et 9% en 2015 et P+I maxi 12% des RBF Conclusion Ce qu’il faut retenir du résultat de cette négociation sont les points suivants : - Que la Direction a tenté de berner vos représentants -vous par la même occasion- en début de négociation. D’aucun pourrait considérer que c’est de bonne guerre. D’autres que mettre en jeu la soupape de sécurité financière de beaucoup de collègues est pour le moins provocateur voire méprisant. - Qu’à résultats financiers identiques, l’intéressement sera quasiment stable et donc de bon niveau. - Qu’en cas de hausse, même forte, des résultats, l’intéressement n’augmentera quasiment plus au regard de celui versé en 2013 sur les résultats de 2012. - Qu’en cas de baisse de ces résultats, l’intéressement sera susceptible -certes de baisser, mais c’est normal- d’être supprimé rapidement pour ne pas trop empiéter sur les dividendes de « maman ». Cet accord sur trois ans nous permettra aussi de juger de « l’honnêteté » de la Direction vis-à-vis des engagements qu’elle prend avec les salariés de la banque (discours institutionnels, promesses à l’embauche…), sur la réalité des hypothèses données en négociation (politiques de provision et RH notamment) et sur sa capacité à déclencher le « dividende du travail » en cas de baisse de l’intéressement indépendamment de la qualité de travail des équipes du CdN. Cette signature de la CFDT -qui représente plus de 50% des salariés- se veut donc défensive pour ne pas mettre l’existence de l’intéressement en danger, pour ne pas insulter l’avenir, mais elle est porte bon nombre de réserves, vous l’aviez compris. Prochaine négociation sur le sujet dans 3 ans.