Dans ce tract, la CFDT du Crédit du Nord commente les résultats des négociations annuelles sur les salaires.

Elle ne signera pas cette proposition d'accord qui méprise les salarié-e-s de la banque

et entérine le jusqu'au-boutisme indivitualiste de la direction du Groupe.

Certains diraient que « la messe est dite », en tout cas les dés sont jetés !

 

Pour la CFDT, il s’agit d’une nouvelle déception puisque pour la 3ème année consécutive,

il n’y aura aucune augmentation collective du salaire pour toutes et tous.

 

Quand l’injustice salariale se mêle à un quotidien de travail sous tension…

En effet, ceci est d’autant plus regrettable que l’ensemble des salarié-e-s (qu’ils appartiennent au Réseau ou aux Directions fonctionnelles) s’est largement investi en 2013

pour obtenir un résultat exceptionnel tout en maintenant la satisfaction client dans l’environnement économique actuel.

Ce résultat a été réalisé parfois dans la souffrance entre sous-effectifs, suppressions de postes, vie en « Open-Spaces »,

outils informatiques et téléphoniques défaillants, intensification des tâches, pression permanente (voire délirante dans certains cas) sur les objectifs, les risques…

 

Quel est le prix de notre épanouissement au travail, de notre santé ? En tout cas, pas les résultats de cette négociation qui,

pourtant, recevra sans l’ombre d’une hésitation, la signature du SNB-CGC et de la CFTC dont les tractations officieuses avec la Direction,

hors négociation - et assumées par cette dernière - laissent place à toutes les interrogations quant à la tenue de négociations loyales.

- Ultime proposition de la direction |- Prime pour toutes et tous : 450 € bruts soit 346 € nets | |- Augmentation de salaire collective générale: 0 € net ! | |- Enveloppe augmentation de salaire individuel : 3.750 millions € |

Avec un examen particulier obtenu pour les seniors et les « bas salaires » (<23 000 €).

|- Enveloppe PPI (prime à la performance individuelle): 13.6 millions € | |- Enveloppe « Egalité Homme Femme » : 250 000 € |

|- Augmentation significative des salaires du personnel de ménage (30 pers.) |

Pour une enveloppe globale de 19.7 millions €

- Rappel : la CFDT a demandé une augmentation de salaire collective de 2%, revue en dernier lieu à 1,8%. Pour mémoire,

le dividende versé à la Société Générale en 2012 était de 222,6 millions d’euros !

Pour info, les 2% d’augmentation proposés par la CFDT représentaient 1 % du dividende !

C’est ça « L’esprit d’équipe » quand il se veut « Etre à vos cotés »…

Enfin, pas trop près non plus… !!! - Certes, le résultat des négociations est en véritable progression

par rapport au simulacre de négociation orchestré par la DRS entre octobre et décembre.

Nous y voyons le résultat de la pression (manifestations, tracts, relais presse) exercée par

les militant-e-s C.F.D.T. aidé-e-s par les plus de 800* signataires de notre pétition. |

Signataires de la pétition CFDT Un immense merci !!

Cette rapide mobilisation dans une période peu propice* (fêtes de fin d’année, EPDI…) a fait clairement pression sur les négociations.

C’est aussi grâce à vous si la direction s’est sentie obligée d’augmenter sensiblement la prime.

| Nous nous réjouissons aussi que certaines de nos revendications récurrentes aient été enfin acceptées (séniors, bas salaires, personnel de ménage…).

Malheureusement, rien pour les alternants ! Pour autant, il nous est très difficile d’entériner,

la mort des augmentations de salaires pour toutes et tous !!

En effet, depuis presque vingt ans, le Crédit du Nord proposait des augmentations générales au moins tous les trois ans.

Ce n’est plus le cas et c’est de l’ordre du dogme individualiste, pas du réalisme économique (le montant de l’enveloppe le montre).

C’est refuser toute considération pour le travail collectif, c’est organiser un appauvrissement de notre « valeur travail » que représente la RCA.

C’est surtout le meilleur moyen de préserver le dividende de la SG et de ses propres actionnaires.

En effet, en cas de baisse des résultats de l’entreprise demain, c’est moins de prime.

Et donc retour au salaire de base et plus d’intéressement (ni de participation) dont le seuil de déclenchement a été relevé de manière drastique

(résultat net d’exploitation nécessaire de 140 millions €).

Par conséquent, même si l’enveloppe 2014 fait l’objet d’une présentation patronale flatteuse :

- elle met en péril notre pouvoir d’achat futur alors que l’entreprise serait toujours bénéficiaire,

- elle déséquilibre encore un peu plus la répartition des richesses entre salarié-e-s et actionnaire,

- elle va intensifier les décalages de rémunération entre « l’élite et le reste du monde ».

Par ailleurs, la Direction souhaite une plus grande sélectivité dans les comités de rémunération.

Il faut comprendre plus de primes pour certain-e-s, généralement les hauts revenus ; moins pour les autres…

| La question se pose de plus en plus. Malgré un discours institutionnel qui se veut positif et flatteur, le CdN, banque à « taille humaine »,

se déshumanise-t-il un peu plus chaque jour ? |

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