Dans ce tract, les trois organisations syndicales représentatives au Crédit du Nord font un point d'information sur la renégociation de la formule d'intéressement et dénoncent d'une seule voix la tentative fallacieuse de la Direction d'annihiler l'intéressement pourtant facteur clef dans la politque de la banque de recrutement et de fidélisation mais surtout soupape financière notamment pour tous les "petits salaires de l'entreprise.

- La négociation triannuelle de la formule d’intéressement a démarré en février 2013 et devrait se poursuivre en mai, voire début juin. En matière de rémunération annuelle (l’intéressement est en fait un revenu accessoire), la Direction générale du Crédit du Nord a toujours « vendu » le niveau de l’intéressement et de la participation versé par l’entreprise, tant en matière de fidélisation des salarié-e-s que de recrutement. Elle a construit une partie du « pacte social » de l’entreprise sur cette articulation : augmentation de salaire limitée, primes encadrées mais bel intéressement !!! Ce « contrat social » entre le CdN et ses salarié-e-s est aujourd’hui sous la menace d’une remise en cause. Ce qui démontre une fois de plus, dans un CdN géré à la Défense, la façon avec laquelle sont réellement considérés les salarié-e-s : comme une charge et uniquement comme une charge. Ce qui est pourtant antinomique avec notre modèle tant vanté par notre Direction Générale … La Direction veut réduire l’intéressement… En effet, le négociateur patronal a d’emblée indiqué qu’il fallait que la base de calcul soit le résultat d’exploitation (REX) et non plus le résultat brut d’exploitation (RBE). Il faut comprendre que l’ensemble du « coût du risque » sera déduit de l’assiette d’intéressement. En effet, dès le début de la négociation, le représentant patronal avait indiqué, d’une part, qu’il souhaitait que les salariés supportent en grande partie (50/50) la nouvelle augmentation des charges sociales patronales sur l’intéressement (environ 4 millions) et, d’autre part, que l’intéressement devienne encore plus aléatoire que dans les accords précédents. Derrière le durcissement de ce langage, il s’agit d’un changement majeur de politique de l’entreprise. En effet, en 2009, le DRH Groupe écrivait que seul le RBE représentait vraiment la qualité de l’activité des salarié-e-s. Par conséquent, le RBE devait rester l’assiette de calcul de l’intéressement. Jusqu’à présent, le coût du risque pouvait réduire l’intéressement uniquement en cas de tension très forte – un coût du risque supérieur à 0,7% des encours - ; là, dans la nouvelle proposition patronale, il est réduit au premier euro. Pour compenser le niveau de risques actuel, il faudrait augmenter le taux de calcul de l’enveloppe d’intéressement ! Or, l’augmentation du taux de distribution proposée par la Direction est bien trop faible pour compenser une augmentation, même légère, des provisions pour risques. Quant au coté aléatoire du versement, la Direction souhaite augmenter le seuil de déclanchement en dessous duquel l’intéressement ne serait plus versé, celui-ci passant de 130 millions d’euros de RBE à 180 millions du REX (pour rappel, le RBE est plus élevé que le REX !). Explications du Négociateur patronal : « sans cela, nous pourrions être redressés ». De qui se moque-t-on ? Le ministère du travail et l’URSSAF n’ont jamais remis en cause les formules précédentes. Si l’URSSAF y avait vu un salaire déguisé, elle aurait déjà redressé le CdN et nous aurions pu compter sur l’administration pour « retoquer » la formule d’intéressement négociée au CdN qui lui est adressée dès signature ! Tactique du cheval de Troie pour mieux nous faire avaler cette proposition ! … et démarre les négociations par une arnaque provocatrice. Pour valider sa démarche, le Direction nous a communiqué des simulations. Miracle !! Les simulations aux hypothèses flatteuses se traduisent par un intéressement qui ne baisse que légèrement. A la lecture des tableaux, nous pouvions presque entendre : « VOUS VOYEZ, VOUS POUVEZ NOUS FAIRE CONFIANCE !». Les organisations syndicales ont bien évidemment fait tourner leurs propres simulations. Et là : Stupeur !! Une baisse de 1% du PNB par rapport à 2012 supprimera l’intéressement ! Face à cette tentative provocatrice, la CFDT, la CFTC et le SNB-CGC ont répondu d’une seule voix, et d’une voix ferme, que cette proposition de nouvel accord d’intéressement était tout simplement scandaleuse, inacceptable pour les salarié-e-s. Et donc « non signable » par leurs représentants !! En réaction, le négociateur patronal est resté, dans un premier temps, très ferme usant parfois d’argument en complet déphasage avec la réalité des résultats économiques du CdN. Il nous a même renvoyé aux arguments d’autorité : « si vous ne changez pas d’attitude, on se fera applaudir par ceux - entendez la SG - qui veulent faire des économies plus importantes ». Faudrait-il comprendre que, s’il n’y a pas d’intéressement versé aux salariés du CdN, malgré ses résultats qui résistent bien, la Société Générale serait ravie (de récupérer plus de dividendes pour ses actionnaires ?) ? !!! Cela mettrait en relief la réalité des intentions des Dirigeants de la SG, en totale contradiction avec le discours institutionnel du Groupe sur la stratégie multi enseignes avec des modèles différenciés et différenciant en banque de détail en France. La force et l’unanimité du tollé intersyndical ont fait leur effet ! Au retour de déjeuner, le discours patronal était plus ouvert, plus souple… jusqu’à quel point ? La direction reviendra vers vos négociateurs avec une nouvelle proposition d’ici fin mai car, aujourd’hui, aucune organisation syndicale ne peut signer un tel projet. Nous baserons bien évidemment nos réactions communes sur son contenu, mais, à ce stade de la négociation, cette tentative de détruire l’intéressement pour trois ans laisse un goût amer et une grande interrogation sur la politique des ressources humaines de l’entreprise dans une période où elle va être largement réformée, modifiée dans son organisation, tant dans les Directions fonctionnelles que dans les réseaux. Dans cette période où l’adhésion -ou non- des équipes à ces réformes devrait être considérée comme fondamentale, nous avons du mal à comprendre les choix sociaux de nos Dirigeants. À moins que l’objectif stratégique de la SG soit tout autre… Si la Direction persistait dans sa volonté, nous aurions besoin des salariés pour passer à d’autres modes de pressions. L’intéressement doit être confirmé dans le sens de son histoire au CdN !