Vous trouverez ci-après le contenu du tract diffusé par la C.F.D.T. dans l'ensemble du Groupe Paribas en avril 1996. Paribas est alors la maison-mère du Crédit du Nord.

C.F.D.T. GROUPE PARIBAS (Cie BANCAIRE, CREDIT DU NORD, BANQUE PARIBAS) Réunion du Comité de Groupe PARIBAS du 18 avril 1996 Paris, le 27 juin 1996 Le 18 avril 1996, le Comité de Groupe de la Compagnie Financière de Paribas réunissait les 30 élus du Comité issus de la Banque Paribas et des Groupes Cie Bancaire et Crédit du Nord (dont 11 pour la CFDT qui occupe le poste de Secrétaire), assistés du représentant de leur Fédération syndicale respective. Du côté de la Direction étaient notamment présents les Présidents des Directoires de la Cie Financière de Paribas (André Lévy-Lang), de la Cie Bancaire (Bernard Müller), du Crédit du Nord (Philippe Toussaint) et le Président du Conseil de Surveillance du Crédit du Nord (François Henrot). Pour mémoire, le Comité reçoit des informations sur : l'activité, la situation financière, l'évolution et les prévisions d'emploi ; les comptes et le bilan consolidé, le rapport du Commissaire aux Comptes ; les perspectives économiques du Groupe pour l'année à venir. Les résultats 1995 Ils dégagent un bénéfice des activités courantes de 3000 MF (dont 1500 MF part du Groupe), avant des provisions exceptionnelles de 5500 MF. La perte de près de 3 998 MF résulte, pour l’essentiel, par la provision de 3 éléments : * 1er élément : la réduction de la valeur de Cie de Navigation Mixte dans les comptes du Groupe Paribas (charge de 2127 MF). Après la prise de pouvoir de Paribas en juin 95, début 96, la Mixte retrouve sa liberté de manoeuvre dans le capital de Paribas. Fin février 96, Paribas Affaires Internationales (PAI) cède sa participation de 88,7 % dans Scoa à Pinault-Printemps-Redoute afin de verrouiller le capital de la Mixte. Après l'éviction de Marc Fournier, remplacé par André Launois au cours d'une Assemblée bien préparée, Paribas détient 50,8 % du capital. Le coût de l’opération se monte à 8700 MF plus 6000 MF d’investissements antérieurs, ramenés à 4000 MF après une moins-value de 2130 MF de provisions en 95, soit 12000 MF d'actifs dans les comptes de Paribas. Fin mars 1996, après une OPA réussie, Paribas détient 97,66 % de la CNM. Si certains actifs seront cédés et d'autres confortés, il n'est pas prévu de la liquider. Il n’est cependant pas envisagé de conserver, à terme, la filiale bancaire de la Mixte (VIA Banque avec 160 salariés). Une décision sera prise dans deux ans. * 2ème élément : Le repositionnement stratégique de la Cogedim visant à limiter ses activités à la promotion de logements, a conduit à provisionner 1891 MF après une perte de 1900 MF en 94. Il est envisagé de conserver le parc de bureaux pour le revendre d'ici 3 à 4 ans dans de bonnes conditions. La Cogedim ne devrait plus peser sur les comptes du groupe, sauf nouvelle crise, et les provisions passées sont considérées comme suffisantes. * 3ème élément : La liquidation des actifs repris au Crédit du Nord (UBN et promotion immobilière) ont représenté 1188 MF de provisions. En conséquence, le résultat net consolidé global des activités courantes du Groupe Paribas s'établit à 2968 MF dont 1508 MF en part du Groupe (4353 MF et 2941 MF en 94). Pour A. Lévy-Lang, les provisions d'exploitation sont au point bas et il n'est pas prévu de baisse nouvelle même si la conjoncture des entreprises s’améliore tout comme la qualité des crédits (moins de prise de risques). Sur l'immobilier, les provisions représentent sur 5 ans près de 15000 MF (- 2000 MF de plus-values exceptionnelles). La Banque Paribas présente un résultat net consolidé de -2500 MF. Sa contribution au Groupe est passée de +789 MF en 94 à -551 MF en 95 du fait notamment des activités de marché. Mais pour A. Lévy-Lang, la banque est redressée aujourd'hui. Les charges ont progressé de 7 %, essentiellement hors d'Europe (embauches aux USA, en Asie et, pour partie, en Allemagne et en Italie. La réglementation fiscale aux USA, en Italie et Asie n’a pas permis de les déduire des pertes en France. La contribution de la Compagnie Bancaire atteint 338 MF contre 193 MF en 94. Cetelem assure l'essentiel des résultats de la Cie avec 602 MF de profits. Mais l'immobilier aura encore coûté 1300 MF en 95. A la question de la CFDT relative à l’abandon progressif des métiers de la promotion et des crédits aux promoteurs à l'UCB, B. Müller a confirmé cette tendance indiquant que cette activité est condamnée. Le Crédit du Nord , après reprise des actifs par Paribas, assure l'équilibre de ses comptes avec 3 MF après une perte de 97 MF en 1994 et une provision sur Eurotunnel de 159 MF en 95 et la hausse des charges d'exploitation (loyers notamment). Paribas Affaires Internationales reste le 1er contributeur avec 2173 MF contre 2361 MF en 94. Mais ses charges sont imputées à la Banque Paribas. En outre, les plus values réalisées à l'étranger ne contribuent pas au calcul de l'intéressement. Quant au Ratio Cooke, l’objectif de 10 % de rentabilité sur fonds propres d'ici à 1999 contre 3 à 3,5 % aujourd'hui est maintenu. Le début de m'exercice 1996 : Le 1er trimestre est bon, toutes les filiales respectent leur budget ou sont en avance. Paribas avait aussi annoncé que d'ici à 3 ans, 15000 MF d'actifs réputés "non stratégiques" (hors ceux de la Mixte) seraient cédés sur un portefeuille de 60000 MF dont 70 à 80 % sont des participations cotées. Ce qui représente 10000 MF de plus-values latentes. Cette opération s’est engagée, dès avril 96, avec les cessions de la Banque Ottomane (plus-value de 500 MF), d'une nouvelle tranche du capital de la société de services informatiques Axime (soit une plus-value de près de 800 MF). Pourquoi le rating de Paribas a baissé ? Selon A. Lévy-Lang, qui ne s’est pas révélé inquiet, la note sur Paribas et PAI est en baisse car les fonds propres du Groupe ne sont pas assez liquides (trop de participations par rapport aux fonds propres), les risques insuffisamment maîtrisés (notamment sur les marchés) et la rentabilité insuffisante. La banque de détail et la stratégie de Paribas : M. Lévy-Lang l’a annoncé, il y aura des changements de périmètre (activités plus ou moins développées selon les opportunités) pour la Cie Bancaire et le Crédit du Nord. Le Groupe est installé de façon durable dans deux métiers : la banque d'affaires et la banque de détail. La CFDT a aussi demandé quelles sont les conséquences d’une part du comportement d’actionnaires comme les AGF et AXA ayant déconsolidé leur participation, et d'autre part des très importants mouvements sur le titre entre décembre 95 et avril 96 (jusqu'à plus de 2 millions de titres échangés quotidiennement voire plus de 5 millions à Londres). Enfin que penser des rumeurs d’O.P.A. hostile qui révèlent une stratégie brouillée sur laquelle les salariés du Groupe s'interrogent et redoutent les conséquences ? André Lévy-Lang a d’abord rappelé que la stratégie, axée sur le métier de la banque depuis qu'il est à la tête de Paribas, n'est pas modifiée. Elle sera plus claire quand les résultats seront là. Paribas c'est 4 pôles (PAI, Banque Paribas, Cie Bancaire, Crédit du Nord) et deux métiers : la banque d'affaires et celle de détail. Selon lui, de nombreux succès ont été réalisés depuis 4 ans grâce à la combinaison de ces métiers, et il n'est pas question d'une quelconque fusion entre la Cie Bancaire et le Crédit du Nord qui font le même métier. La synergie entre les entités du Groupe est bonne. A sa connaissance, aucune OPA sur Paribas n'est en préparation. Le capital a peu bougé (le volume de transactions ne porte que sur 8 à 10 % du capital) et il est normal que 1 à 1,5% du capital change quotidiennement. Aucun grand actionnaire n'a vendu et si le titre évolue c'est parce qu'il est recherché notamment depuis l'éclaircie sur la Mixte et aux provisions sur l'immobilier. Quant à introduire la banque Paribas en Bourse, ce n'est pas envisagé car la Cie Financière n'en a pas les moyens. Paraguay : Pourquoi en février 96, Paribas a retiré sa plainte sur une créance de 100 M$ au Paraguay ? Pour A. Lévy-Lang il s'agissait d'une escroquerie à laquelle un officiel paraguayen était mêlé alors que Paribas était banque conseil pour une privatisation. 7 banques ont porté plainte dont Paribas. Le Gouvernement Paraguayen a demandé à Paribas de se dissocier de la plainte sans renoncer à ses droits sur l'encours. Ce qui a été fait car l'enjeu se situait à quelques MF et non des centaines. C'est une affaire réglée. Espagne : La filiale Paribas Espagne a dissimulé des pertes sur des prises de position concernant la dette publique espagnole, de l'ordre de 250 MF, intégrées dans les comptes 95. La CFDT a demandé ce que compte faire Paribas pour contrer toute nouvelle tentative de ce genre ? Pour André Lévy-Lang toutes les banques ont des accidents et le problème est celui des contrôles. Notre reproche est d'avoir mis du temps pour découvrir cette perte. Nous l'avons rendue publique dès sa découverte. Le chiffre de 250 MF est certes important mais pas de nature à remettre en cause le Groupe. Des sanctions ont été prises et certaines personnes ont été révoquées sans indemnité. Par ailleurs, Paribas a décidé d'accentuer sa surveillance partout dans le monde. Ciments Français (Italcementi) : La CFDT a demandé où en était le dossier d'instruction et les conséquences éventuelles sur la direction du Groupe. Pour mémoire, une perquisition rue d'Antin avait été effectuée le 9/11/95, et diverses mises en examen furent prononcées dont celle d'André Lévy-Lang fin décembre 95 pour publication de comptes annuels inexacts et divulgation de fausses informations. Le journal Le Monde du 25/3/95 avait par ailleurs mentionné l'existence d'une note interne d'A. Lévy-Lang d'août 93 dans laquelle il intervenait auprès du président de la COB, Jean Saint-Geours, pour qu'il préserve Paribas dans cette affaire. André Lévy-Lang a précisé ne pas avoir connaissance de nouveaux éléments permettant de dire que les dirigeants de Paribas étaient au courant. L'instruction devrait être close dans les prochains mois. La direction du Groupe n'a pas d'inquiétude sur le fond. Signification d’opérations de transferts d'activités : La CFDT a interrogé le Président sur la signification de transferts d’activités depuis début 96 : a) déplacement des activités de marché des cambistes londoniens (Paribas Capital Market) à Paris ; b) regroupement à New-York d’équipes de trading sur les actions sud-américaines ; c) transfert de la gestion obligataire française et internationale d’une SICAV diversifiée (Paribas trésorerie 2 Plus) à Londres. Selon la direction du Groupe il s'agit d'opérations de rationalisation à terme avec des économies de moyens là où cela est possible. Il n'y a donc aucun enjeu politique mais uniquement pratique. L'avenir du Crédit du Nord dans le Groupe Paribas : La CFDT a demandé quel était l'avenir du Crédit du Nord compte tenu de rumeurs alarmistes. Ainsi, après la déclaration d’André Lévy-Lang en novembre 95 ("Malgré la conjoncture difficile, 1995 nous confirme que le Crédit du Nord se porte mieux et arrive à tenir ses budgets. Le test de l'équilibre, qui était celui de 1995, est plutôt bon"), nombre d'observateurs et le personnel de cette banque persistent à penser qu'il reste à définir une stratégie face à diverses options publiquement évoquées : 1°) doter le CdN d’une couverture nationale plus dense, 2°) abandonner certaines régions pour se recentrer sur les plus rentables, 3°) la cession pure et simple. François Henrot déclarait que la banque à réseau "va se concentrer et il ne subsistera, dans chaque pays, que quelques réseaux capables de couvrir l'ensemble du territoire et d'offrir tous les produits à toutes les clientèles" (Haute Finance du 13/2/96). La Tribune Desfossés du 29/2/96 indiquait qu'en cas de vente du CdN, Paribas pourrait en tirer près de 5000 MF. Rappelant que ce n'est pas la presse qui définit la politique du Groupe, A. Lévy-Lang ajouta cependant que le Crédit du Nord resterait au sein de Paribas si ses résultats sont bons. Dans le cas contraire, la question se posera. Quant aux trois options évoquées par la CFDT, il indiqua qu’il en existait d'autres. La couverture nationale du réseau CdN est une question dépassée. Mais il y aura des changements de périmètres, achats et ventes d'agences et de réseaux. Selon lui, des efforts restent à faire dans le Groupe CdN en matière d'effectifs, et le retour à 10 % de rentabilité des fonds propres doit se réaliser dans les plus brefs délais. Nous sommes dans des métiers et c'est à ce niveau qu'il faut raisonner. Dès lors ce ne sont pas seulement les résultats qui comptent mais les perspectives à moyen terme. Une activité sera conservée si elle est stratégique à moyen terme. A propos de Banque Directe : La CFDT a demandé un bilan de l'activité de cette banque. B. Müller a précisé qu'elle ne représente que 0,3 % du chiffre d'affaires du Groupe Paribas. Avec 78 personnes et 14258 comptes ouverts à fin 1995, et environ 17 à 18000 clients, on est dans les objectifs. Les principaux chiffres : 378 MF de dépôts ou placements, 39 MF d'encours de crédits, un PNB autour de 10 MF, des frais généraux de l'ordre de 95 MF (dont 40 pour frais de publicité) et 10 MF de charges diverses. Le résultat net est de - 95 MF. Le PNB par client en 1995 est de 800 F et sera multiplié par 2 ou 3 comme le nombre de clients. 68 emplois ont été créés par Banque Directe. Informations sur CLF Banque : Conçue sur le principe de Banque Directe, CLF Banque est opérationnelle depuis octobre 1995. Contrôlée à 60% par CLF, à 20% par la Cie Bancaire et 20% par le CdN, elle vise à compléter la gamme de produits offerts aux clients du CLF (crédits de trésorerie, gestion de trésorerie, moyens de paiement). Avec seulement 14 salariés (7 du CLF, 3 du CdN et 4 de la Cie Bancaire), le point mort est espéré pour fin 1996. L’ambition affichée est d'atteindre 45% du marché des collectivités locales. Si son président, Rembert von Lowis ne veut pas marcher sur les plates-bandes des concurrents, la CFDT constate, dans les faits, que CLF Banque concurrence directement la Banque Paribas et le CdN sur ce marché ce qui pose des problèmes de cohérence de l’action notamment pour les commerciaux. La CFDT a donc demandé que soient plus clairement définies les relations avec CLF Banque. Pour A. Lévy-Lang, Paribas et le Crédit du Nord doivent continuer à intervenir sur ce marché. Enfin, la CFDT a demandé que Paribas appuie une démarche de réduction du temps de travail dans les négociations de la branche AFB. La prochaine réunion se tiendra à l’automne 1996. REJOIGNEZ LA CFDT, PREMIER SYNDICAT DU GROUPE PARIBAS ! (Contactez vos délégués dans chaque entité)