La situation des salariés du Crédit du Nord est plus qu'inquiétante, la Direction a déjà lancé de multiples offensives et va continuer prochainement. Au moment où les élections professionnelles du 21 mars ont donné une victoire à la CFDT, celle-ci devient le seul contrepouvoir aux menées patronales dans l'entreprise. L'article ci-après est le premier d'une série de réflexions sur la situation visant à éclairer les enjeux de l'avenir des salariés et de leur entreprise.

- Face aux menées et menaces patronales, la CFDT du Crédit du Nord est prête à l'offensive ! Alors que l'actionnaire du Crédit du Nord, la Société Générale, n'en finit plus d'aligner de mauvais résultats, une gestion calamiteuse, des erreurs et même des fautes de management, le Crédit du Nord fait encore à lui seul près de la moitié des résultats du Groupe Société Générale. Ladite Société pille ses filiales pour masquer au maximum ses insuffisances. Le Crédit du Nord, autrefois une banque de plein exercice, autonome dans sa gestion, avec ses trois piliers (son informatique, son réseau d'agences, ses directions et services fonctionnels et centraux) était hyper rentable pour l'actionnaire SG. Mais la myopie, la bêtise de certains de ses dirigeants, voire parfois la haine envers cette filiale qui fonctionne, ont conduit à essayer de casser le modèle de banque de réseau de proximité et la haute qualité de son service à la clientèle avec comme contrepartie... des tarifs insupportables ! La SG a cassé l'informatique du Crédit du Nord en tentant d'en récupérer la quintessence. Ce fut, dans le cadre du programme SG ambition 2015, le projet Convergences avec l'une de ses déclinaisons le fameux et fumeux projet SIOP (visant à faire une informatique unique du groupe qui devait être ultra-moderne et générer de vastes économies de coûts). La CFDT du Crédit du Nord a, seule, très vite compris qu'en abattant l'un des trois piliers fondateurs de la réussite de l'entreprise, c'est tout le Crédit du Nord qui entrait dans la voie de sa disparition. Nous avons tout tenté, analyses alternatives, démonstration de l'absurdité technique et managériale de SIOP, actions en justice pour faire aboutir les prérogatives des instances représentatives en matière d'information, de consultation, et d'expertises du Comité central d'entreprise et de ses CE et CHSCT. La Direction de la SG a tout essayé, auprès des syndicats SG, auprès de la DG du Crédit du Nord par de fortes pressions voire même des menaces relayées par le canal Crédit du Nord et avec l'appui d'un syndicat (le second au CdN) proche du patronat, ou en tous cas qui n'avait rien compris. Elle a même tenté, sans succès, de se trouver des alliés de circonstance dans la CFDT. Puis ce furent les projets d'externalisation d'activités produites ou gérées par le CdN dont nous développerons en détail prochainement la liste. Et, en même temps et sans discontinuer depuis, étaient engagés des projets drastiques de réductions de coûts, des réductions insidieuses d'effectifs, des objectifs commerciaux excessifs et incessants avec leurs cortèges d'incompréhensions, de stress se généralisant à tous les métiers jusqu'à atteindre la santé même de salariés. Dans ce contexte, le poids des syndicats reste déterminant. Or, le Crédit du Nord social vient de connaître le 21 mars 2013 des élections professionnelles (élections des délégués du personnel et des comités d'entreprise). La CFDT dépasse allègrement les 50% de suffrages et améliore le nombre de ses élus dans les CE et les délégués du personnel. Des articles spécifiques seront consacrés à ses résultats. La Direction du Crédit du Nord ne doit pas être rassurée car les appuis sur lesquels elle comptait (deux autres syndicats) malgré une campagne ostensible de soutien, n'ont pas produit l'effet escompté. Deux autres syndicats disparaissent du paysage social ce qui n'est jamais bon dans une démocratie. Bref, aujourd'hui, la CFDT est le seul contrepouvoir face à la Direction. Le Directeur Général peut tenter, à nouveau, de jouer une pseudo concertation mais celle-ci ne semble fonctionner qu'à la condition que les syndicats suivent benoitement le chemin de la pensée patronale fortement conseillé. La CFDT du Crédit du Nord débattra prochainement de l'attitude à avoir sur les projets patronaux qui seront prochainement annoncés. Nul doute que l'orientation d'un syndicalisme offensif l'emportera sur toute position d'acceptation pasive. Parce que de toutes parts nous remontent des craintes sur l'emploi, des colères sourdes sur les salaires, le bruit d'une marmite prête à exploser sous les coups de boutoir des conditions de travail dégradées. Alors, oui, la CFDT du Crédit du Nord est prête à l'offensive !

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