Avis et propositions des élus du CCE

 

Les élus du Comité central d'entreprise ont été consultés pour la première fois

(nouvelle consultation issue de la Loi de sécurisation de l'emploi) sur les

orientations stratégiques de l'entreprise et ses conséquences sur l'activité,

l'emploi, l'évolution des métiers et des compétences, l'organisation du travail,

le recours à la sous-traitance, à l'intérim, à des contrats temporaires et à des stages.

 

Les orientations stratégiques du Crédit du Nord s'articulent autour de l'adaptation

à l'environnement (économique, réglementaire, niveau de taux très bas, croissance

mole, changement du comportement d'une partie de la clientèle lié à la digitalisation

des contacts clients...) tout en conservant notre modèle historiquement orienté vers la

satisfaction clients et l'encrage dans le tissu économique local.

L'ensemble des élu-e-s du Comité d'entreprise emmené-e-s par la CFDT n'ont pas

contesté les orientations économiques de la banque, mais se sont inquiété-e-s des

conséquences de celles-ci sur les salarié-e-s si les moyens de les réaliser et la

réconnaissance du travail ne sont pas au rendez-vous.

 

l'avis des élu-e-s et leur demandes alternatives proposées au

Conseil d'administration de la banque :

 

L'avis unanime :

Nous abordons pour la première fois cette consultation sur les orientations stratégiques

du Crédit du Nord et ses conséquences en matière d’emploi et de compétences, avec un

retard, accepté exceptionnellement par les élus, pour cette première, sur la période de

consultation réglementaire. Ce report calendaire a été accepté pour permettre à la

Direction de notre établissement de poursuivre la construction de la BDES, base de

données qui n’est pas encore terminée à ce jour, même si nous avons déjà noté des

efforts en matière de documents remis. A ce sujet, il nous semblerait prudent de mettre

ce sujet sur la table des négociations afin de s’assurer que le point final qui sera mis à cette

construction par la Direction soit bien le point final recherché par les Elus.

 

Sur les orientations en elles-mêmes, les Elus unanimes du CCE reconnaissent volontiers

que le Crédit du Nord s’est bien remis à niveau sur le multi-canal et le digital et semble

s’être donné les moyens de redevenir l’un des leaders sur ces domaines. Ils ont noté les

ambitions fortes de notre banque pour continuer à nous distinguer en matière de rentabilité

qui doit continuer à être supérieure aux autres acteurs de la BDEF en France et notamment

à celle de la SG. L’abandon de convergence et la ré-internalisation partielle du SI sont validés.

Les enjeux sont ainsi actés et nous ne contesterons pas ces choix.

 

Cependant, des domaines sont encore insuffisamment précisés dans vos projets et méritent

d’être intégrés clairement dans vos orientations. Nous formulerons donc  prochainement des

demandes à l’attention du Conseil d’administration de notre banque sur les points suivants :

-Sur la ré-internalisation du SI et ses conséquences

-Sur l’accélération voulue au niveau du multi-canal et du digital

-Sur la nécessité d’une ambition marquée en termes de formation et sa concrétisation dans

les plans formation de la banque (ouverture d’une négociation sur la formation acceptée en

réunion du CCE mais aussi une meilleure visibilité des élus sur les métiers et parcours métiers)

- Sur l’enjeu lié au traitement des risques psychosociaux

- Sur l’évolution de l’organisation de notre entreprise, notamment dans l’exploitation et ses

conséquences en matière d’emplois et de conditions de travail ou d’appel à la sous-traitance

-Sur la nécessaire politique salariale à revoir pour tenir compte de l’accentuation prévue en

matière de travail d’équipe

-Sur la révision de niveau de ROE à atteindre pour tenir compte des nouveaux coûts induits par

l’évolution programmée dans les orientations stratégiques (coûts SI, leader en phygital, besoin

en formation, politique sociale permettant l’évolution souhaitée par la Direction, baisse des taux

longs sécurisés justifiant un niveau de ROE révisé, …) que les élus situent plus proche de 13%.

Ces éléments ne sont pas encore actés dans les orientations stratégiques, ce qui amènent les élus

du CCE unanimes à donner qu’un avis négatif, en l’état, sur les orientations stratégiques du Crédit

du Nord. Ils souhaitent vous entendre lors de la prochaine séance du Comité Central d’entreprise

en termes de réponses aux souhaits exprimés.

Enfin, nous espérons que pour la consultation de fin 2015 nous serons en possession d’une BDES

complète.

 

Les demandes alternatives des élu-e-s au Conseil d'administration :

Comme suite aux débats du Comité Central d’Entreprise du 23 avril dans le cadre de l’information

consultation annuelle sur les orientations stratégiques de l’entreprise et ses conséquences sur l

’activité, l’emploi, l’évolution des métiers et des compétences, l’organisation du travail, le recours à la

sous-traitance, l’intérim, à des contrats temporaires et à des stages ;

 

Comme le permet l’article du Code du travail L 2323-7-1,

l’ensemble des élus du CCE complètent l’avis donné en séance par des propositions d’orientations

alternatives à transmettre au Conseil d’Administration du Crédit du Nord.

Ces derniers ne contestent pas les orientations prises en tant que telles, comme l’indique l’avis

unanime du Comité Central d’Entreprise remis en séance. Ils invitent cependant l’organe de décision

de l’entreprise à développer et/ou arbitrer des moyens afin de réaliser ses ambitions stratégiques à moyen

terme dans des conditions d’exercice des métiers qui soient satisfaisantes autant pour la santé au travail

des salariés que le respect de la « promesse client » faite par la banque.

En effet, ces moyens supplémentaires nous semblent indispensables pour pérenniser le succès du modèle

économique du Crédit du Nord dans un environnement stressé, de changement permanent et d’organisation

du travail en Lean Management.

 

Les élus demandent donc au Conseil d’Administration les moyens suivants permettant d’accompagner

la stratégie :

 

- Fort du constat du développement des cas de souffrance au travail au Crédit du Nord (cf. Rapport du

médecin du travail Francilien), la réalisation d’un état des lieux et l’élaboration d’un plan d’actions de

prévention des risques psychosociaux. Pour une plus grande efficacité, ils devraient être réalisés en

partenariat avec les Organisations Syndicales et les Instances Représentatives du Personnel,

- le respect de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée dans la mise en œuvre des

expérimentations sur la future organisation du réseau,

- le renforcement des unités mobiles administratives permettant de pallier les absences dans les

agences et middle office (futurs SCR),

- la création d’équipes mobiles de Conseillers de Clientèle Privée et Professionnelle -au moins

dans les régions où le maillage d’agences le permet- afin de pallier les absences temporaires (ex :

congés maternité) et imprévues de conseillers. Cet apport sera particulièrement efficace en matière de

relation client comme de conditions de travail dans les agences de petite et moyenne taille,

- un renfort de 2 EBP (effectif budgétaire) par Service Clients Régional (ou pôle crédit) permettant

d’accompagner le changement d’organisation tout en maintenant une qualité de service client et des

conditions acceptables de travail (cf. rapport d’expertise du CCE sur le projet Indigo),

- une ré internalisation de la MOA dans les « métiers » sur les domaines spécifiques au

modèle du CdN afin de répondre au mieux aux attentes du réseau compte tenu de l’arrêt de

Convergence,

- une politique salariale équilibrée redonnant de la place à des augmentations de salaire

collectives pour porter la mobilisation collective et la coopération des équipes. Cette demande

s’inscrit dans l’exigence d’une expertise métier supérieure à la moyenne compte tenu de notre modèle

économique qualitatif et orienté clients. Cette exigence étant collective et individuelle, une politique

salariale collective et individuelle la portera. Par ailleurs, cet équilibre de politique salariale facilitera la

nécessaire fidélisation de nos équipes,

- une mobilisation accrue sur les enjeux de formation accompagnant l’évolution des métiers

et des compétences permettant leur exercice (vous en trouverez les éléments clés dans le rapport

d’expertise Sécafi sur les orientations stratégiques de l’entreprise et leurs conséquences sur les salariés),

- un suivi semestriel qualitatif et financier (évolution des charges) au Conseil d’Administration

et au Comité Central d’Entreprise sur les réécritures « P-system » et le développement des outils du SI,

- des moyens permettant la réussite des nouveaux enjeux de « l’excellence relationnelle » :

Informatique stable et efficace, temps de formation propice à l’expertise, dimension des portefeuilles clients

équilibrée (répondant à la « promesses client »),  équipes staffées…

 

De plus, la situation financière de Crédit du Nord avec une rentabilité des fonds propres hors norme

-accompagnées d’une utilisation sociétale du CICE- permet la mise en place de nos demandes sans rompre

pour autant la contribution du Crédit du Nord aux objectifs de rentabilité du Groupe Société Générale.

 

En effet, nos propositions alternatives s’inscrivent dans une volonté d’un meilleur arbitrage entre

investissements (dont ceux dédiés à la relation clients), besoins et intérêts des salariés comme de

l’actionnaire. Cet arbitrage sera favorable à la pérennité du succès économique du Crédit du Nord

et par conséquent à celui de la Société Générale actionnaire unique de l’entreprise.

 

Le Conseil d'administration devra revenir vers le Comité central d'entreprise afin de répondre à toutes

ses propositions.

 

A suivre...

 

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