Un accord 2016 de bonne tenue, mais…

Sur les salaires, la C.F.D.T. et l’ensemble des Organisations syndicales représentatives du CdN
ont su faire fonctionner une intersyndicale jusqu’au bout. Ce sens partagé des responsabilités
nous a permis d’obtenir ce qui est probablement le meilleur accord de la place, à savoir des
enveloppes de primes et d’augmentations de RCA individuelles en hausse ; assorties du versement
d’une prime de 600 € pour les salariés dont la RCA est inférieure à 50 000 € (autres mesures
Cf Episode I).

La C.F.D.T. consulte par referendum ses adhérents avant d’apposer sa signature. Celle-ci est
donc l’expression de la volonté des salarié-e-s nous ayant rejoint soit presque un millier d’entre
nous. Cette année, une large majorité y était favorable.

Cependant, l’arbre des NAO 2016 ne peut cacher la forêt d’une politique
salariale structurelle qui n’est, ni à la hauteur de l’investissement des
équipeset des résultats de l’entreprise, ni à la hauteur des ambitions de
transformationd’« Agir 2020 ».

POURQUOI ?

 

Tout d’abord, il faut bien comprendre que la politique salariale du CdN, et donc le sens des
négociations, a radicalement changé depuis ces 5 dernières années
.

1- Il n’y a plus de reconnaissance du travail collectif et donc plus de traduction de ce collectif
dans les négociations puisque, d’une part, aucune mesure n’est proposée pour tous les salarié-e-s ;
et d’autre part, il n’y a plus d’augmentation de RCA collective. Il manque un étage à la fusée d’une
politique de rémunération juste et  équilibrée.

Cette politique salariale nous est imposée par la SG qui bannit toute augmentation de salaire collective.
C’est un mauvais signal envoyé au marché (sic). Vu la performance de l’action, les investisseurs
ont manifestement d’autres critères de choix…

2- Pis encore, la Direction nous demande de valider cette politique, puisque sans accord c’est la bulle !

Cette année, le négociateur de l’entreprise a eu la délicatesse de nous prévenir, c’est plus honnête que l’an
passé. Jusqu’à présent les NAO consistaient finalement à approuver les mesures annuelles par une signature
qui signifiait : « Oui, avec les améliorations obtenues, cette année la politique salariale est équilibrée ! »

Aujourd’hui, la Direction nous demande de prendre la responsabilité d’assumer sa politique à sa place,
sinon RIEN. C’est une énorme différence, nous ne sommes plus dans une négociation équilibrée mais,
dans l’ultimatum voire dans le chantage ! Symboliquement, c’est là un très mauvais signal envoyé aux salarié-e-s.

Le pouvoir d’achat des salarié-e-s du CdN est trop sensible aux résultats de l’entreprise.

La mesure d’une prime catégorielle de 600 € (de bon niveau dans l’absolu) fait craindre une absence de mesure si
les résultats baissent.
Or, il est très probable que ceux-ci baissent –fin des IRA, exigences réglementaires et consuméristes,
baisse des marchés, taux bas... Dans ces conditions, de combien la prime sera-t-elle réduite ?

 

De plus, la part des revenus variables des salarié-e-s est trop importante : primes individuelles, primes catégorielles,
ntéressement et participation seront sensiblement revus à la baisse en cas de dégradation des résultats de la banque.
Combien d’entre-nous ont besoin de ce variable pour boucler leur budget ? Quasiment tout le monde !!

La C.F.D.T. souhaite voir des mesures pérennes d’augmentation collective de salaire afin de sécuriser nos revenus
immédiats et nos revenus futurs (retraire, etc.) basés sur la RCA
 !

Au vu de l’investissement des salarié-e-s, de l’intensification des tâches, de l’accroissement de l’exigence qualitative,
parfois (souvent ?) de la dégradation des conditions de travail, cette fragilité du pouvoir d’achat est tout bonnement
injuste voire même dangereuse pour l’entreprise.

 

Les salarié-e-s ne s’y trompent pas. En effet, dans le baromètre « satisfaction interne », la note la plus basse revient
à la Reconnaissance
. Bien évidement cette dernière n’est pas uniquement financière, mais tout de même…

Les mesures salariales 2016 sont donc acceptables,mais, à long terme, il faut revenir à une
politique salariale plus équilibréé avec une base d’
augmentation de salaire collective,une
politique susceptible d’accompagner les salarié-e-s dans cette phase de transformation intense.

Il faut aussi absolument redéfinir des parcours professionnels motivants, adapter les avantages
sociaux
à toutes les populations du CdN,

Faire cesser le phénomène croissant de RPS dans l’entreprise…

La CFDT portera tous ces sujets lors de la prochaine mandature !

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