le 7 janvier 2019

 


Madame la Directrice générale,


En ce début d’année, je vous souhaite une année 2019 épanouissante et enthousiasmante. J’aurais aimé partager ce souhait mais je viens vers vous pour vous faire part de mon amertume… Amertume liée en dernier lieu aux annonces faites en matière de négociation salariale mais pas que…


Malgré des années de travail au Crédit du Nord, depuis quelques mois hélas, je ne dors plus sur mes deux oreilles : je me demande ce que va devenir notre belle entreprise dans ce monde bancaire tiraillé par les taux bas, par une concurrence accrue, par les fermetures d’agences, les suppressions de postes. Et moi, dans tout ça, j’en suis où, aurais-je un poste dans l’organisation future ?
Tous les jours, je m’efforce de faire mon travail au mieux. Les clients sont très exigeants (bien plus qu’avant). La direction met en place des projets (ACR partagé, agences bi-sites, fermetures de caisse, création d’ELS…) et moi, je dois me débrouiller face aux clients et parfois faire face à leurs incivilités…
Je dois aussi essayer de travailler avec un outil informatique qui est plus que perfectible. Je me demande si une vieille machine à écrire ne serait pas plus efficace vu le nombre de bugs que nous devons sans cesse subir. Mais heureusement dans les dernières nouveautés informatiques, le CDN vient d’« inventer » le recto verso : ma fibre « écolo » va enfin être presque satisfaite mais où en est-on du zéro papier qui me fait rêver… j’en ai plein mes armoires ! Je suis d’autant plus amer que je vois non seulement la tension chez mes collègues du réseau mais aussi dans les sièges, sur le plateau régional. J’aurai préféré être seul dans ma galère pour une fois.


Mais revenons à ma fibre financière qui me met quelques aliments dans l’assiette quand je peux… Bon 200 € dans le PERCO c’est gentil mais je ne suis pas près d’en voir la couleur !
Et l’augmentation annoncée de 0.6 % pour les rémunérations inférieures à 38 000 € avec un plancher de 200 €, ça va à peine payer les épinards mais ça ne mettra pas de beurre dedans et encore moins du carburant dans mon véhicule. Et oui, les contraintes quand on n’habite pas le centre de la capitale… Vais-je devoir sortir (ou ressortir) mon gilet jaune ? Car j’avais un espoir avec l’annonce d’une prime de fin d’année annoncée par le Président de la République. Espoir vite balayé avec les maigres 250 € annoncés par M. Oudéa (pour les rémunérations inférieures à 45 000 €).
J’ai, par ailleurs, vu que la CFDT proposait 2% d’augmentation pour tous (juste au niveau de l’inflation) et une prime de 1500 € ce qui, je vous l’avoue, me parait nettement plus en adéquation avec mon investissement quotidien et celui de mes collègues.


Je vais retourner au travail en espérant que le Poste de Travail refonctionne… et que j’aurai bientôt un « fil bleu » qui me montrera que mon entreprise reconnait mes efforts pas que par des mots mais aussi en y mettant des mesures salariales collectives à la hauteur.


Dans l’espoir que cette lettre ne reste pas morte…
Un salarié dévoué
Jean Aimarre

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