Rigueur, gestion « affutée », effectifs en baisse, rejet de toute reconnaissance du travail des salariés notamment sur le plan salarial, démotivations de toutes sortes, dégradation des conditions de travail, arrogance de plusieurs responsables face aux salariés qu'ils managent... la liste s'allonge. Et en plus ils s'abritent derrière la crise qu'ils ont créée pour justifier cette politique oubliant que ce qu'une construction sociale a créé (le capitalisme financier) une autre construction sociale peut le renverser.

Entre crise et opportunisme financier ! Le 10 janvier 2013 Toutes les équipes du Crédit du Nord vous souhaitent une excellente année 2013 tant personnelle que… professionnelle. En effet, cette nouvelle année s’annonce sous l’ère de la rigueur, de la gestion « affutée » (dixit le président directeur général ). Derrière ce vocabulaire guerrier que faut-il entendre pour les salariés de la banque ? D’une part, la DG (direction générale) nous impose des effectifs au cordeau par la multiplication des projets de réductions d’effectifs à l’instar du second semestre 2012. Il s’agit de faire autant, voire plus, avec moins de personnel (même le réseau jusqu’à présent préservé est attaqué) ou d’externaliser ce qui peut l’être (ou du moins ce qui arrange la Société Générale…). D’autre part, elle s’obstine dans l’absence de reconnaissance financière collective des équipes. En négociation salariale, la direction ose ne rien proposer de concret pour nos porte-monnaie. Bref, le cocktail idéal pour dégrader les conditions de travail, démotiver le personnel et louper le rebond de sortie de crise ! « Mais, voyons, soyons réalistes, c’est la crise !! » La crise est incontestable. La croissance est nulle, voire légèrement négative, avec ses conséquences sociales désastreuses… Par ailleurs, face aux excès passés de plusieurs établissements bancaires, plusieurs contraintes nouvelles s’imposent à elles : - réglementaires (Bâle III, etc.), - baisse de commissions imposée par la « pression consumériste », - nouvelle politique d’épargne réglementée (Livret A, LDD) - niveau particulièrement faible des taux courts qui réduit de facto les marges notamment sur dépôts, - … Nota bene : Nous pouvons d’ailleurs « remercier » les banques d’investissement pour leurs dérives qui ont engendré la situation dans laquelle nous sommes : « Subprime », titrisation à outrance, incapacité des banques à jauger leurs risques et à assurer leur rôle de "financement interbancaire"... Au point de mettre en difficulté les Etats qui ont soutenu le système financier (crise de l’euro par exemple)… Et de spéculer sur la faillite de certains d’entre eux. La moralisation des marchés a fait long feu ! Et ce n’est pas près de changer… Alors certes, la période n’est pas bonne !! De nombreuses banques de détail voient leur produit net bancaire baisser. Les meilleures s’en tirent avec une baisse de 1,5% à 2%. Les plus touchées (celles qui ont fait du dumping sur la rémunération des dépôts pour sauver leur bilan) voient leur PNB baisser de 6% et plus. Au CdN, cet argument de crise est devenu un cache-sexe ! Le Groupe Crédit du Nord ? Une santé économique pouvant largement financer une hausse des "salaires" Nous parlons ici des éléments de résultats au 30 septembre 2012. - Une progression des fonds de commerce de 1.3% à 3.4% en fonction des marchés. - Une baisse de 0,9% du PNB ! - Un résultat net d’exploitation inférieur à 400 millions d’euros? mais pas loin de ce chiffre. Derrière ces chiffres se cache un véritable exploit des équipes ! En effet, n’oublions pas que la période de référence (2012) est exceptionnellement bonne et que l’activité commerciale reste bien orientée contre vents et marées. Pourtant, au sortir des négociations de décembre sur les salaires, le blocage est total ! La direction ne veut pas même entendre les mots d’augmentation pour toutes et tous, ni d’aide aux populations les moins bien payées et se permet de juger la dernière proposition intersyndicale d’augmentation de salaire collective de 2% « d’irréelle » ! Nous parlons d’une augmentation dont l’enveloppe serait de 3,7 millions d’euros. Si quatre millions d’euros sont « irréels » pour le CdN, celui-ci n’existerait plus depuis fort longtemps. Preuve en est, dans le même temps, la banque décaisse 50 millions pour racheter le capital flottant de la banque Tarneaud. Le président directeur général ayant expliqué (à juste titre) que cette somme n’est pas un enjeu important pour le Crédit du Nord . Sans le vouloir, c’est une belle mise en perspective de la valeur chez nos dirigeants de l’investissement humain face à l’investissement financier. « Etonnant non ?! » Au final, l’écart entre la proposition intersyndicale globale et celle de la direction représente moins de 3 M€, soit 1,3% des dividendes versés à la SG, moins de 1% du résultat net et moins de 0,75% du RBE 2011 - Pour mémoire, les dernières revendications intersyndicales sont : - augmentation générale des salaires de 2%, avec un plancher de 600 €, soit une enveloppe de 3,7 M€ - enveloppe de RCA sélectives de 4 M€ - enveloppe de PPI à la main de la direction mais estimée à 12 M€ - enveloppe Egalité professionnelle de 250 K€, rejoignant celle de la direction - enveloppe population défavorisée de 150 K€. Le tout, pour une enveloppe totale de 20,10 M€. La politique de totale restriction des charges et notamment des salaires n’a donc aucun sens du point de vue de la santé économique du CdN. Elle est même contreproductive en termes de management, de motivation et de fidélisation des salariés. Alors même que la qualité des salariés qui composent les forces vives du Crédit du Nors, tant dans le réseau que dans les pôles ou les directions fonctionnelles, est l’un des piliers du modèle de la banque, pourquoi mener cette politique ? Parce qu’il faut verser le plus de dividende possible à la SG tous les ans !!!, l’emploi, les salaires, la santé sont des variables d’ajustement pour maintenir, voire augmenter, ces dividendes. C’est un parti pris dogmatique ! Alors arrêtez de vous cacher, chers patrons, derrière cette crise pour tout justifier . Au final, la CFDT considère que ces négociations sont « ni sérieuses, ni loyales » ! Le seul moyen d’infléchir le jusqu’au-boutisme patronal appartient aux salariés. Chacun salarié devra alors prendre ses responsabilités en faisant le choix du collectif. Dans le cas contraire, la sélectivité dans les attributions individuelles (déjà annoncée dans certains groupes comme très prononcée) engendrera comme à l’habitude son lot d’injustices face à une performance économique avant tout collective. Pour la CFDT du Crédit du Nord, le choix est clair !!

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