Gris très pâle ! MAIS…

 

  • Manque de reconnaissance financière collective voire individuelle

  • Dégradations continues des conditions de travail

Voilà les deux principales revendications portées depuis des mois par la C.F.D.T.

Sur les salaires, le dialogue social classique (négociations) se traduisant par des fins de non recevoir, nous avions enclenché diverses manifestations militantes. D’abord avec les deux autres syndicats représentatifs : grève des instances de représentation, suspension des négociations autres que sur les salaires... Le SNB ayant aussitôt lâché l’Intersyndicale, nous avions organisé des manifestations de militants sur Paris Haussmann et Lille Rihour avec la CFTC qui a préféré s’arrêter là.

Rien n’ayant permis d’inverser une situation jugée par beaucoup incompréhensible et particulièrement injuste à l’annonce des bénéfices record du Crédit du Nord ! Il restait donc à demander l’appui des salariés pour espérer faire enfin bouger les lignes d’autant que vous nous remontiez vos difficultés croissantes à exercer simplement vos fonctions sans avoir à y laisser une partie de votre santé.

Le mouvement de grève du mardi 28 mars était donc l’étape suivante de cette série d’actions.

Au vu du nombre de grévistes inférieur à 5%, cela ressemble à un échec patent.

Mais il n’y a pas que les chiffres qui soient évocateurs.

Et là, cet échec de mobilisation a comme effet miroir des retours de sympathie, d’encouragements des salariés, bref un succès d’estime comme nous n’en avons pas eu depuis de nombreuses années et ce, quelques soient les Régions et Directions et quelque soit le niveau hiérarchique (même certains directeurs de groupe nous ont indiqué que nous touchions juste sur le quotidien des salariés et les déceptions par endroit du retour des collèges de rémunération). Pour tout vous dire on hallucine un peu. Comment un tel retour peut-il se traduire par si peu de grévistes ? Un mode de contestation ringard ? Des fins de mois difficiles ? Un climat de peur, de pression permanente ?

Les contacts nombreux effectués ces derniers jours montrent en effet un grand « ras le bol » des méthodes employées par une Direction déclarant prioriser l’humain, vantant son « pacte social », mais qui dans les faits supprime les primes collectives -après les augmentations- et laisse filer –peut-être « à l’insu de son plein gré »- les causes de la souffrance au travail (manques en moyens humains et en outils performants ; incitation au management autoritaire par certains responsables régionaux…), ne se préoccupe, sur le terrain, en rien des interférences « vie privée/vie professionnelle » Tout ça pour sacraliser la performance au travail ! Tout doit y être sacrifié pour aboutir au meilleur résultat financier pour la banque.

La C.F.D.T. est bien évidemment consciente de la nécessité de réaliser des résultats de haut niveau permettant au Crédit du Nord de conserver son identité. A défaut, la fusion avec la Société Générale poindrait. Il y a cependant des limites au possible !

Pour la C.F.D.T., il faut regarder la situation en face. Il n’est plus possible de voir autant d’usure, de fatigue, de déprime alors que la population est aujourd’hui en moyenne très jeune. Il nous semble temps de parler enfin, de mieux vivre au travail et de mieux partager la richesse créée. L’entreprise commence à y perdre des salariés de bon niveau, le nombre de démissions serait spectaculaire en ce début d’année. Et nous le comprenons, le Crédit du Nord ne livre plus sa «promesse salariés ».

L’éventuel accord sur la « qualité de vie au travail » et la mise en oeuvre du « pacte social » tel qu’il transpire aujourd’hui ne suffiront pas à atténuer une réalité pourtant évidente. La course au résultat et à la productivité doit s’accompagner d’une meilleure prise en compte des salariés dans toute la complexité de l’exercice des métiers, des rythmes de travail, des équilibres vie privée/vie professionnelle, ect. Il y a urgence, la qualité de vie au travail n’existera pas s’il s’agit d’une incantation, d’un cache-sexe du « business as usual ».

La C.F.D.T. est donc allé jusqu’au bout de sa démarche de représentation exigeante des salariés et ne s’est pas trompé sur ses revendications :

                                                                                                              Salaires et conditions de travail.

Si la direction reste sourde à nos alertes et demandes, seule une mobilisation large permettra de rééquilibrer le rapport de force.